Inconvénients et idées reçues sur l'allaitement
pour permettre aux mamans de faire un choix éclairé et conscient
Malgré ses nombreux bienfaits, l'allaitement maternel ne convient pas à toutes les mamans. L'essentiel est que votre décision ne soit pas essentiellement basée sur de fausses idées, de mauvaises informations ou des craintes.
Vous allez le voir, alors que certains inconvénients pourront être rédhibitoires pour vous, la plupart est souvent composée d'idées reçues ou de soucis injustement associés à l'allaitement.
Dans tous les cas, ne l'oubliez pas :
Même s'il est important d'en discuter ouvertement avec votre partenaire, l'envie d'allaiter ou pas votre bébé doit être la vôtre et le choix final d'allaiter ou pas votre bébé doit ainsi toujours vous revenir.
☆ BON À SAVOIR ☆
Découvrez aussi plus de 60 bienfaits de l'allaitement maternel, souvent méconnus et classés par thématique :
pour le bébé, la maman, le quotidien, la planète, le portefeuille... et même pour le plaisir !
En effet, contrairement aux idées reçues, allaiter un bébé, ça s’apprend et donc ça se prépare.
Et malheureusement, comme l’allaitement est en France encore un sujet très tabou, de nombreuses mamans le découvrent à leurs dépens (et ceux de leur bébé) le jour J à la maternité.
C'est pourquoi il est essentiel d'encourager un maximum de futures mamans à préparer leur projet d'allaitement dès la grossesse. En effet l'essentiel est d'être bien informée et d'identifier les personnes compétentes qui pourront accompagner la maman.
Et la bonne nouvelle, c'est que nous sommes là pour vous aider à préparer votre allaitement sans pression.
En effet, argument incontestable, seule la maman pourra allaiter bébé. Et, autant se le dire dès le début, les premiers jours, vous aurez l’impression que bébé ne réclame QUE le sein.
Mais en fait, quand on y pense, après neuf mois passés au chaud, protégé dans le ventre de sa maman et un accouchement assez traumatisant pour lui, de quoi d’autre, ou plutôt de qui d’autre peut-il avoir besoin ?
Les premiers jours, bébé ne tète pas grand chose, il retrouve surtout avec l’allaitement les battements du cœur, la chaleur, la voix et l’odeur de sa maman, celle du lait qui lui rappelle le liquide amniotique.
Même si vous décidez finalement de ne pas allaiter, il sera tout de même important que vous gardiez votre bébé un maximum auprès de vous, en peau à peau pour qu’il puisse découvrir ce nouveau monde, en confiance avec vous.
Car, de toute façon, votre nouvelle vie tournera désormais essentiellement autour de lui et de votre petite famille !
Et une fois votre allaitement mis en place (et bébé rassuré), n'oubliez pas que vous pourrez tirer votre lait pour vous autoriser quelques sorties en solo.
C'est un reproche que l'on entend beaucoup au sujet de l'allaitement et donc un point sur lequel il est très important d'échanger à deux.
Ce que l'on peut vous dire c'est qu'avoir un bébé ne se résume pas au "simple" fait de l'alimenter. Il y a de nombreuses autres activités que la maman, très sollicitée par son allaitement, sera ravie de "déléguer" à son partenaire, également dans le but de lui permettre de trouver et prendre sa place.
Ainsi, dans certains couples, c'est le papa (ou la deuxième maman) qui se charge de donner le bain, changer bébé (vous le verrez, au delà de l'aspect "couches", c'est un moment très complice à deux), lire des histoires (même très tôt), chanter des berceuses ou porter bébé en promenade.
Ce n'est pas parce qu'il (ou elle) ne peut pas lui donner de biberon, qu'il (ou elle) doit pour autant se sentir privé(e) du bonheur de faire du peau à peau, des câlins, des bisous, des promenades (même très courtes) en tête-à-tête...
Et puis, on ne le sait/dit pas assez, mais lorsque cela est possible, l'allaitement maternel est une aventure qui se vit à trois. En effet, une maman qui allaite aura énormément besoin du soutien de son partenaire, matériel comme psychologique. Si elle est stressée, nerveuse, fatiguée, si elle doute, le lait aura des difficultés à monter.
Ainsi, dès la grossesse, le papa (ou la deuxième maman) pourra participer à la préparation de l'allaitement, protéger la maman des pressions extérieures, veiller à son confort pour les premières tétées, lui rappeler de boire régulièrement... et surtout surtout, sans cesse, la rassurer, la valoriser et la réconforter.
C'est vrai, certaines étapes d'un allaitement ne sont pas agréables, voires douloureuses : la fameuse montée de lait (durant laquelle vous avez l'impression que vos seins vont littéralement exploser mais que, même si vous n'allaitez pas, vous ne pourrez peut-être pas éviter), la sur-sollicitation de vos tétons par bébé les premiers jours, les premières dents de bébé (aïe !)...
Pour le reste, si vous avez bien été accompagnée dès la grossesse et que votre bébé prend correctement le sein (c'est à dire ouvre suffisamment sa bouche), votre allaitement ne devrait pas être douloureux.
La plupart du temps, les problèmes (type crevasse, mastite...) et donc les douleurs qui en découlent viennent d'une mauvaise position, de mauvais conseils...
Très honnêtement, ce n'est pas vraiment l'allaitement qui est épuisant, mais plutôt le fait de devenir maman. Surtout lorsqu'on vient en plus de vivre un accouchement dont il faut se remettre.
Mais en effet, comme pour tout, l’allaitement est une nouvelle pratique pour laquelle il faut trouver son rythme.
En plus des nouvelles contraintes de la maternité, les débuts de l’allaitement peuvent générer du stress et sembler compliqués entre les montées de lait, les pics de croissance, bébé qui ne réclame que maman… Disons en effet que ce n’est pas de tout repos.
Mais si vous avez pu préparer votre allaitement et que vous vous sentez en confiance et soutenue, rassurez-vous ! Une fois votre petite routine installée, tout devrait se mettre très rapidement en place.
Et pour celles qui peuvent bénéficier du soutien du papa (ou d’une deuxième maman), n’hésitez pas à demander de l’aide !
Au fait, bon à savoir : l'allaitement maternel améliore la durée et la qualité de sommeil de la maman.
Bonne nouvelle, une fois l’accouchement passé, la maman (même allaitante) peut enfin à nouveau manger des sushis, de la charcuterie et du fromage !
Et si elle allaite (et finalement c'est aussi pour son bien), elle devra veiller à conserver une alimentation saine, variée et équilibrée. En effet, c'est cette même alimentation qui fera la richesse du lait qu'elle propose au bébé, sans parler du goût qu'elle pourra également lui donner.
En revanche, la maman qui allaite devra encore se passer d'alcool pendant quelques mois, même si un petit verre peut être toléré pour les grandes occasions à condition qu'il précède d'au moins deux heures la prochaine tétée.
En effet, lorsqu’on nourrit un bébé au sein, il n’est pas facile de savoir quelles sont les quantités de lait qu’il avale.
Rassurez-vous, il y a des petites choses qui pourront vous permettre de vous assurer que votre bébé s’alimente correctement comme :
• La qualité des tétées (fréquence, durée, position et mouvements de la mâchoire, bruits liés à la déglutition...),
• La quantité et le “contenu” des couches,
• La forme et l’état d’éveil de votre bébé...
Il est important de consulter un professionnel Expert de l’allaitement maternel, pour que celui-ci puisse vous accompagner, observer une tétée et vous rassurer sur ces différents points.
Là encore, l'image de l'allaitement en France, et notamment de l'allaitement en public, ne facilite pas la vie des mamans qui allaitent.
Les mamans qui allaitent aujourd'hui sans problème en dehors de chez elles s'accordent à dire que cela demande finalement :
• Un petit coup de main à prendre pour s'installer et allaiter toute en discrétion,
• Quelques astuces de mamans et éventuellement un vêtement ou accessoire adapté,
• Un peu de courage et de confiance en soi au début pour se lancer (et c'est là qu'on peut généralement compter sur nos partenaires) !
Et pour vous aider, nous avons initié un réseau des lieux et commerces "Allaitement bienvenu" pour vous permettre d'identifier les lieux accueillants.
En France, le congé maternité est très court (3 mois), et cet argument seul peut être un frein à la mise en place d'un allaitement pour certaines mamans. Ou décourageront dès la première difficulté celles qui essayent.
Sachez pourtant qu'allaitement et reprise du travail ne sont pas deux choses incompatibles.
Comme pour tout, l'important est de préparer cette période le plus tôt possible : vous informer, vous renseigner au sujet de votre employeur, éventuellement l'informer de son devoir relatif au Droit du Travail, échanger avec d'autres mamans, connaître le matériel à prévoir...
On tient à vous le rappeler : il n’y a aucune culpabilité à avoir si l’idée d’allaiter ne vous tente pas, voire vous dégoute. Chaque femme est différente et comme on dit « les goûts et les couleurs, ça ne s’explique pas ! ».
Allaiter est un choix et quel que soit le vôtre, s’il est réfléchi, les personnes qui vous entourent devront le respecter et le soutenir.
Laura, une jeune maman qui ne souhaitait pas allaiter, en parle d'ailleurs très bien dans cet épisode de notre podcast “Mon allaitement, tout simplement".
On ne le dit pas assez mais ce n'est pas l'allaitement maternel qui abîme la poitrine, mais plutôt les changements hormonaux liés à la grossesse elle-même. La peau perd parfois en tonicité, les seins peuvent changer de volume mais cela se produit que l'on allaite ou non.
Pour aider votre peau à s'adapter, veillez à bien hydrater votre poitrine, portez un soutien-gorge adapté et n'hésitez pas à demander conseil à un professionnel de l’allaitement.
Et non ! La taille de la poitrine n'a absolument aucun impact sur la capacité à produire du lait maternel. Ce qui compte, ce sont en fait les glandes mammaires et non la graisse mammaire (qui, elle, détermine le volume du sein).
Même avec une petite poitrine, il est donc tout à fait possible d’allaiter. Et bonne nouvelle : les seins (et leur production) s'adaptent à la demande de votre bébé !
Donc, si vous avez la sensation de manquer de lait et que votre entourage vous dit que cela est lié à la taille de votre poitrine, ne les écoutez pas et mettez bébé le plus souvent possible au sein et contre vous !
C'est une inquiétude légitime (et qui doit être respectée et comprise), mais, si vous souhaitez allaiter, rassurez-vous : avec un peu d'organisation, allaitement et vie sociale ou professionnelle sont tout à fait compatibles.
Le tire-lait, les biberons de lait maternel, le co-allaitement avec le papa (ou la deuxième maman) qui donne le biberon et même l'allaitement en public sont autant de possibilités.
N’hésitez pas à venir découvrir les témoignages, retours d’expérience et solutions pratiques de mamans sur ces sujets dans notre podcast « Mon allaitement tout simplement ».
Absolument pas ! L'allaitement prolongé ne rend pas un enfant dépendant. Au contraire, il répond à son besoin de sécurité affective et participe à son développement.
De nombreuses études montrent que les enfants allaités longtemps gagnent en confiance et autonomie avec le temps.
Là encore, le choix de la durée de l'allaitement doit être personnel, sans pression… et surtout sans écouter les conseils et remarques !
Là aussi, c’est une fausse idée ! Beaucoup de maladies et de traitements sont compatibles avec l’allaitement. Malheureusement, beaucoup de professionnels de santé l’ignorent et recommandent aux mamans de sevrer par mesure de précaution.
Avant d’arrêter d’allaiter, il est essentiel de demander conseil à un professionnel de santé formé en allaitement. Vous pouvez aussi consulter, avec votre médecin, des bases de données fiables comme les sites du CRAT, e-lactancia ou des Centres de Pharmacovigilance.
Enfin, dans de très rares cas, un arrêt temporaire peut être nécessaire, mais des solutions existent souvent pour maintenir la lactation.
Pas du tout, bien au contraire ! L’allaitement maternel fonctionne sur le principe de l’offre et la demande : plus bébé tète, plus le corps produit du lait.
Répondre aux besoins de votre bébé (en l'observant, l'écoutant...), même s’ils sont irréguliers au début, permet de lancer et maintenir efficacement la lactation.
Avec le temps, un rythme s’installe naturellement. Il n’est donc pas nécessaire ni recommandé d’imposer des horaires stricts ni de noter quoi que ce soit (sauf bien-sûr si cela vous rassure).
Bon à savoir : un bébé peut téter endormi. Inutile donc de le réveiller si vos seins sont (trop) pleins et douloureux. Il vous suffira de placer votre bébé contre vous, lui chatouiller le nez ou la lèvre supérieure avec votre téton et, instinctivement, il ouvrira la bouche et tétera… toujours dans les bras de Morphée.
Qu’on se le dise, les premières semaines avec un nouveau-né sont fatigantes… et ce, contrairement à ce qu’on vous dira (très) souvent, quel que soit le mode d'alimentation choisi.
Mais l'allaitement, notamment en cododo sécurisé, permet souvent à la maman de se rendormir plus vite après les tétées nocturnes.
Il peut être utile d’en discuter au sein du couple et d'imaginer, ensemble et selon les besoins de chacun, des solutions pratiques : par exemple, dormir séparément pendant quelque temps ou occasionnellement pourrait aider à préserver le repos de toute la famille.
N'hésitez pas non plus à solliciter l'aide de votre entourage : confier bébé pour quelques petites siestes réparatrices en journée peut changer la donne, surtout durant les premières semaines où bébé a besoin de temps pour distinguer le jour de la nuit.
Côté intimité, il faut simplement s’accorder du temps, communiquer et faire preuve de douceur et de patience : c’est une nouvelle phase de la vie à deux. Mais, si vous en éprouvez le désir, oui, c’est tout à fait compatible avec l’allaitement.
Pas tout à fait. L'idée est en effet de rester vigilante mais, contrairement à ce qui est imposé lors de la grossesse, quand on allaite, une consommation occasionnelle et modérée est possible.
L'alcool passe dans le lait maternel mais aussi en ressort : parmi les bonnes informations et recommandations à connaitre, il est par exemple recommandé d'attendre au moins 2 heures par verre avant la prochaine tétée.
Il est aussi important de prendre en compte plusieurs facteurs : la quantité d’alcool consommée, le type de boisson (un verre de vin n’équivaut pas à un cocktail ou un spiritueux), votre poids corporel, mais aussi l’âge de votre bébé et la fréquence des tétées. Plus bébé est jeune, plus il est recommandé d’être prudente.
Cette inquiétude est fréquente chez les futures mamans, mais sachez qu’un accouchement prématuré n’empêche pas d’allaiter. Au contraire, le lait maternel est particulièrement précieux pour un bébé né avant terme : il contient des éléments immunitaires et nutritionnels spécifiques, parfaitement adaptés à ses besoins immatures.
Même si l’allaitement au sein n’est pas possible tout de suite, l’expression de votre lait (manuelle ou avec un tire-lait) dès les premières heures peut être mise en place. Le personnel soignant en néonatologie est en général formé pour accompagner ce type de démarche.
N’hésitez pas à en parler (dès aujourd’hui) avec l’équipe de votre maternité et/ou avec un professionnel formé en allaitement pour vous rassurer et initier sereinement votre lactation, même en cas de séparation temporaire avec votre bébé.
Bien que la césarienne puisse parfois entraîner un retard dans la première mise au sein ou une séparation temporaire, cela ne compromet pas nécessairement la réussite de l’allaitement. Le plus important est d’être bien entourée, bien informée et donc sereine.
Il est tout à fait possible de démarrer l’allaitement plusieurs heures après la naissance et d’instaurer une belle relation lactée.
Dans notre podcast « Mon allaitement, tout simplement », Laura raconte justement comment elle a pu allaiter sereinement son bébé après une césarienne et une séparation de plus de 4 heures. Comme elle, de nombreuses mamans trouvent des solutions et un soutien bienveillant pour vivre un allaitement réussi après une naissance par césarienne.
